jeudi 20 octobre 2011

RENCONTRE AVEC DEUX PASSIONNES



Fidèles parmi les fidèles, Julien Tanguy et François Daniel participeront pour la quatrième fois à la Coupe de France ce samedi. Rencontre avec les deux seuls joueurs à avoir pris part à toutes les éditions de la compétition nationale.

Racontez-moi vos expériences de chaque édition?

Julien Tanguy: La première édition fut ma vraie rencontre avec la « famille ». J’avais déjà eu un aperçu rapide lors du match de l’EDF contre Francfort à Strasbourg. Mais là j’ai vraiment rencontré tout le monde. Ce fut tout d’abord une vraie expédition pour les Kangourous avec un voyage en minibus très animé à l’aller. Entre Jo et sa casquette à clous et notre hymne maintenant adopté par tout le footy (« pose ta bite sur mon épaule »), je pense que nous sommes ceux qui ont mis l’ambiance à cette première édition ! Nous avons fini vice-champions derrière une équipe de Paris intouchable à ce moment-là. Cet événement aura été je pense l’élément déclencheur pour le développement des Kangourous, ça a motivé pas mal de monde et créé un groupe dont le noyau existe encore de nos jours. Ce qui m’aura marqué aussi lors de cette coupe c’est la rencontre avec les Bordelais, notre équipe de frangins. Et surtout les parents de Fred qui ont assuré la logistique pour les Bombers et qui ont fini par voir débarquer les Kangourous et les Sharks au camping !!

La deuxième édition se déroulait à Bordeaux, chez les frangins. Les Kangourous n’étaient pas au mieux à ce moment-là (manque d’argent, perte de motivation…). Mais il n’y avait pas moyen qu’il n’y ait pas de Kangourous à cette coupe. Nous sommes donc partis à 5 dans une clio, en faisant la route de nuit. Arrivée 8h sur place pour un premier match à … 9h ! Pleins de joueurs sont venus nous prêter main forte pour que l’on puisse honorer nos matchs. Et moi j’ai voulu jouer avec toutes les équipes ce jour-là ! J’étais mort à la fin de la journée. Je ne me souviens plus de notre classement, fait anodin comparé à cette fraternité dont le but principale était le jeu et non le résultat.

La 3ème édition était à Strasbourg, c’est là que nous avons découvert les joies de l’organisation d’un tel événement. Le stress de ne pas savoir la veille si on aura le bon nombre d’équipes, le fournisseur de la buvette qui se fait cambrioler le matin de l’événement et qui ne peut donc pas nous livrer… Mais au final encore une bonne journée avec tous nos amis, marquée par la rencontre avec un personnage maintenant incontournable dans le club et qui nous a sauvé la vie lors de cette coupe : notre Tranber bien aimé !!

François Daniel: Et bien la première compétition de la coupe de France a eu lieu en 2008 je crois bien, et je rentrais tout juste de mon stage de fin d'étude en Australie, où j'ai donc découvert beaucoup mieux ce sport. Je suis allé voir tout les matchs des Dockers de Fremantle quand cela se passait à domicile, une assez triste saison pour eux à vrai dire car ils perdaient tout le temps de très peu dans les derniers instants. Moi qui avait toujours joué au hand (10 ans) ou au football, un peu au rugby, j'ai trouvé de l'intérêt dans ce sport car il est très complet, moins complexe que le rugby en termes de règles, moins violent aussi, même moins violent que le handball je trouve, et requiert une précision impressionnante au pied surtout, mais à la main aussi.


En rentrant en France, un ami de longue date (du hand justement) m'a proposé de venir le voir jouer, et c'est comme ça que j'ai été embrigadé dans l'équipe de Montpellier car il n'avaient pas assez de joueurs. Les début ont été un peu rudes, parce qu'en termes de placement et de règles, tout est très différent. La première coupe de France a simplement été organisée pour fédérer la première organisation du footy en France, en réunissant tout les clubs existant alors. Ils n'étaient que 4...

La deuxième édition, à Bordeaux, était beaucoup plus organisée, et on commençait à se connaitre entre nous. Il y avait aussi plus de club réunis alors, puisque Perpignan et Toulouse s'étaient créent dans l'année. La plupart des équipes ont abordé cette compétition d'une façon plus sérieuse aussi, et on a commencé à sentir que beaucoup de monde s'impliquait dans chaque club en France pour que le football australien commence à exister. Ce n'était plus un rendez-vous classique.

La troisième édition s'est déroulée en 2010 à Strasbourg, et Toulouse a bien confirmé ses progrès en remportant le tournoi. L'hégémonie parisienne prenait donc fin, une équipe composée presque exclusivement de joueurs français battait une équipe mixte composée d'australiens et de français. Le jeu pratiqué en lui même avait progressé, était plus fluide, les réflexes typiques du footy étaient cette fois présent, et là encore on a senti qu'un nouveau palier avait été franchi.

Ce qui m'a plu a chaque fois c'est de revoir les joueurs des autres clubs, pouvoir communiquer avec eux, car le footy c'est un petit peu une famille en France, on se connait tous plus ou moins, on s'apprécie aussi, et l'ambiance qui règne est souvent très bonne, car nous avons les pieds sur terre, nous savons que nous sommes des amateurs et que nous sommes les seuls dans le pays à pratiquer un sport que beaucoup qualifient de "n'importe quoi" tout ça parce que le terrain est ovale, qu'on y joue au pied et à la main avec un ballon pas rond... Donc, chez la plupart des joueurs, on retrouve cette qualité d'humilité.

Comment êtes-vous arrivé au footy?

J’ai passé un an en Australie sans forcément m’intéresser à ce sport pourtant ultra médiatisé là-bas. Je suis en effet arrivé en Australie et à Sydney le weekend de la grande finale 2006. On était au Bondi Hotel pendant le match, on a juste vu que les gens n’avaient d’yeux que pour ça , et nous on ne comprenait rien ! La trêve durant longtemps et étant dans le bush en début de saison 2007, je n’ai plus du tout pensé à ce sport pendant un moment. Jusqu’à arriver à Darwin ou j’étais en coloc avec un gars de Perth, fan des Dogs et qui ne ratait jamais un big Friday. Un jour, j’en ai eu marre de rien comprendre à ce sport ou l’arbitre siffle toutes les deux minutes, je suis revenu avec un pack de bière et je lui ai demandé de m’expliquer. Ca m’a plu, mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer là-bas. Une fois rentré en France je n’ai plus du tout pensé au footy. Jusqu’à ma rencontre notre Mickey national, qui m’a fait du lobbying pendant quelques mois avant que je ne me décide à essayer. Pour ma défense les entrainements étaient le samedi matin !! J’ai donc fait un premier entrainement , puis directement un match contre Rheinland, championne d’Allemagne en titre. On s’est pris une bonne branlée, le côté physique endurant aérien, m’a plu car il m’apportait quelque chose qui me manquait dans le rugby, qui me correspond plus. Depuis c’est ma drogue !!

Et qu'est-ce qui vous a poussé à être aussi impliqué?

Comme je l’ai dit avant ce sport me convient, c’est ma drogue, si ça s’arrête il y aura un gros vide à combler. J’essaye donc de faire de mon mieux pour que nous puissions continuer à pratiquer notre passion et pour que les générations suivantes puissent le pratiquer plus facilement.

Ce qui me pousse à m'impliquer en fait, c'est l'ambiance qui règne à Paris. Dans un club, tout n'est pas toujours rose, et j'en sais quelque chose à ce niveau là. Une équipe est faite d'individualités qui parfois sont difficilement contrôlables et on un rayonnement néfaste sur le reste du groupe, alors que dans un sport collectif, le groupe se doit d'être soudé. Je n'ai pas trop connu ce problème à Paris, l'ambiance qu'on y trouve est très productive, beaucoup des joueurs sont impliqués dans la vie du club, et je reconnais que je n'ai jamais vécu ça ailleurs. J'ai gardé des liens avec l'Australie, dont celui de continuer de jouer à l'Australian Rules, cependant ce n'est pas seulement ça qui me fait rester. On essaye de tout faire pour s'améliorer, pour se faire connaitre et recruter plus de joueurs, et depuis 1 an les choses ont beaucoup changé, dans le bon sens, et nous pouvons désormais aligner une équipe 100% française de joueurs motivés et entrainés. Nous sommes appuyés par un staff exceptionnel qui donne beaucoup de son temps libre pour que tout soit organisé pour nous. Je suis très reconnaissant de ceux qui sacrifient de leur temps pour les autres, et c'est ce qui m'anime finalement, on essaye tous d'aller dans la même direction.

Quels sont vos objectifs collectifs et personnels pour samedi?

Vu la difficulté que l’on a eu pour réunir une équipe (10 joueurs seulement), l’objectif est de s’amuser, progresser et faire de notre mieux. L’objectif de cette année est clairement le championnat et la date de la coupe oblige à faire un choix pour les joueurs.

L'objectif de samedi n'a pas grande importance, il faut que la compétition se déroule correctement, car beaucoup ont passé du temps à son organisation. Nous jouerons pour la victoire, mais le plus important est de voir nos deux équipes jouer, car nous avons en effet assez de joueurs pour aligner deux équipes, et ainsi faire jouer les nouveaux fraîchement arrivés. C'est une première dans un tournoi comme celui-ci, ça signifie que le club entier participe à la compétition

Qu'attendez-vous de cette nouvelle saison?

Au niveau national, cette saison ne pouvait mieux commencer avec le bon résultat de l’EDF à l’IC et à l’EU Cup. J’espère juste maintenant que cela aura les effets escomptés sur notre visibilité et sur le recrutement. En effet j’espère juste que l’on réussira à faire un championnat qui tient la route et j’espère avant tout que les équipes en difficulté renaissent de leurs cendres et que de nouvelles se créent.

Au niveau des Kangourous, je pense sincèrement que l’on a du potentiel pour aller loin cette année. Il va juste falloir que les joueurs s’impliquent plus et trouvent la motivation pour réussir à franchir cette dernière marche qui nous empêche souvent de transformer le travail en succès.

La saison, elle, a déjà bien commencée, l'Equipe de France est partie jouer en Australie sa première coupe du monde en terminant à une place plus qu'honorable pour un pays qui n'est pas habitué à jouer à 18, et elle s'est classée 5ème du dernier tournoi européen à 9, une première qui en dit long sur les progrès réalisés par les français en termes de jeu. En ce qui concerne les objectif de Paris, nous jouons cette année pour le titre, comme la plupart des équipe du championnat. Nous avons à coeur de le remporter de nouveau, et nous travaillons dans ce sens.